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L'Afrique face à ses choix énergétiques : retour sur la participation de CAFER à l'Africa Clean Power Convening 2026 (Nairobi)

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  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Du 1er au 5 juin 2026, Nairobi a accueilli l'Africa Clean Power Convening, un rendez-vous majeur réunissant décideurs politiques, bailleurs, investisseurs et organisations de la société civile autour de l'avenir des énergies renouvelables sur le continent. La Coalition de l'Afrique Francophone pour la Promotion des Énergies Renouvelables (CAFER) y a activement pris part, notamment à travers des groupes de travail consacrés aux perspectives du secteur.

Une présence active dans les espaces de dialogue

CAFER a participé à plusieurs sessions de travail centrées sur les trajectoires possibles des énergies renouvelables en Afrique. Ces échanges ont permis de confronter les réalités du terrain  celles que nos organisations membres vivent au quotidien à Lomé, Dakar, Kinshasa ou ailleurs en Afrique francophone  aux grandes tendances qui redessinent aujourd'hui le paysage énergétique mondial.

Deux dynamiques ont particulièrement marqué les discussions à Nairobi : le retrait progressif des États-Unis des dispositifs de soutien climatique et énergétique en Afrique, et l'affirmation continue de la Chine comme partenaire incontournable du secteur des renouvelables sur le continent. Ces deux évolutions ne sont pas de simples arrière-plans diplomatiques : elles ont des conséquences très concrètes sur le financement, les technologies disponibles et la marge de manœuvre des pays africains dans leur transition énergétique.

Le retrait américain : un vide qui interroge

Depuis le retour de l'administration Trump à la Maison-Blanche, plusieurs signaux convergent vers un désengagement net des États-Unis des priorités climatiques sur le continent. Des programmes historiques comme Power Africa, qui avait permis de mobiliser des financements importants pour l'accès à l'électricité et les projets d'énergies renouvelables depuis plus d'une décennie, ont été fortement affectés par les coupes budgétaires. Washington a également engagé le retrait des États-Unis de plusieurs instances climatiques internationales, et la diplomatie américaine sur le continent semble aujourd'hui davantage tournée vers l'accès aux minéraux critiques que vers l'accompagnement de la transition énergétique elle-même.

Pour les organisations de la société civile africaine réunies à Nairobi, ce constat n'est pas qu'un sujet de préoccupation abstrait. Il pose une question directe : qui finance, demain, l'accès à l'électricité pour les centaines de millions d'Africains qui en sont encore privés ? Le retrait d'un acteur historique du financement climatique laisse un espace que d'autres partenaires — notamment européens et chinois — cherchent à occuper, mais selon des logiques et des priorités très différentes.

La Chine, partenaire structurant mais non sans zones d'ombre

À l'inverse, la Chine consolide sa position de premier partenaire du continent en matière d'énergies renouvelables. Les exportations chinoises de technologies solaires et éoliennes vers l'Afrique ont connu une progression spectaculaire ces dernières années, et Pékin reste le principal fournisseur de panneaux solaires et d'équipements pour le continent. À travers le Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC) et son plan d'action pour 2025-2027, la Chine a pris des engagements chiffrés en matière de projets d'énergie propre, de systèmes solaires distribués et de coopération technique.

Cette présence chinoise soulève cependant, dans les groupes de travail de Nairobi, des débats loin d'être tranchés. D'un côté, elle offre une alternative de financement et un savoir-faire technique précieux dans un contexte où les financements occidentaux se raréfient. De l'autre, les organisations de la société civile rappellent la vigilance nécessaire face aux risques d'endettement, à la nature souvent centralisée des grands projets financés par Pékin — parfois peu adaptés aux besoins dispersés des zones rurales — et à la question, toujours sensible, de la propriété réelle des infrastructures énergétiques construites sur le sol africain.

Ce que cela signifie pour la souveraineté énergétique africaine pour nous 

Le fil conducteur des discussions à Nairobi a été, en creux, celui de la souveraineté. Alors que les grandes puissances redéfinissent leurs priorités, désengagement climatique côté américain, diplomatie des infrastructures côté chinois , le risque est que l'Afrique continue d'héberger une transition énergétique qu'elle ne pilote pas elle-même. Le continent concentre pourtant une part considérable des meilleures ressources solaires mondiales, mais la propriété africaine des capacités renouvelables installées reste marginale, et le coût du capital pour les projets africains demeure nettement plus élevé que dans les marchés développés.

C'est précisément sur ce point que CAFER a porté sa voix à Nairobi : plaider pour des cadres de partenariat qui garantissent une réelle appropriation locale, des mécanismes de financement adaptés aux réalités des pays d'Afrique francophone, et une place effective de la société civile dans la gouvernance des grands projets énergétiques régionaux qu'ils soient financés par des acteurs occidentaux, chinois, ou des instruments panafricains émergents.

La suite pour CAFER

Cette convening confirme que l'avenir énergétique de l'Afrique se joue autant dans les salles de négociation à Nairobi, Washington ou Pékin que sur le terrain, à Lomé ou ailleurs en Afrique francophone. Face à la recomposition rapide des alliances internationales, CAFER entend continuer à porter, aux côtés de ses partenaires, une exigence simple : que les Africains restent les premiers architectes de leur propre transition énergétique, quels que soient les partenaires qui l'accompagnent.



 
 
 

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